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La recherche d’information sur Internet évolue ?
jan 28th, 2009 by emilie

J’aimerais rebondir sur l’article du blog Les Infostratèges, qui a souligné plusieurs fois le manque de formation des internautes, des plus jeunes aux moins jeunes, et quel que soit leur profil, concernant la recherche d’informations sur Internet :

« les richesses et la puissance des outils de l’Internet restent fermées au plus grand nombre, faute d’une bonne formation, sans parler des préventions naturelles de beaucoup contre l’outil informatique, vécu comme magique ou barbare… »

Cet article est lui-même une réaction à l’article de François Jeanne-Beylot : « Google n’est plus un moteur de recherche » mais un navigateur. L’auteur se réfère au fait que l’on tape de plus en plus les noms d’un service (par exemple YouTube ou Facebook) dans le champ requête de Google pour retrouver l’URL, au lieu de saisir directement celui-ci dans la barre d’adresse.

On parle souvent de fracture numérique quand il s’agit de l’accès au haut débit ou à un ordinateur dans sa vie quotidienne. Il semble que cette facture numérique concerne également des « secteurs » plus spécifiques comme la recherche d’informations. On n’y pense pas, nous, les geeks, les pro d’Internet qui passons une grande partie de notre journée à surfer sur le Web. Mais il y a un réel besoin de former les utilisateurs. S’il n’est pas foncièrement utile de connaître le fonctionnement d’un moteur de recherche, il est important :

  • de savoir comment l’utiliser
  • de savoir dans quelles types de sources il va chercher

Ceci dit, je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’un besoin de formation. Il y a aussi une évolution des usages. Personnellement, il m’arrive de taper le nom d’un service dans Google pour trouver l’URL (qui est en général en tête des résultats). J’ai l’impression que c’est plus rapide. Il m’arrive aussi de taper directement le nom du site recherché dans la barre d’adresse. Faut-il s’inquiéter ? Est-ce grave docteur ?

Jérôme : Je n’aime pas trop qu’on mette un peu tout et n’importe quoi dans le terme fracture numérique. La facture numérique, c’est ne pas avoir accès au haut-débit, ne pas avoir accès à une ligne dégroupée (c’est mon cas par exemple), c’est ne pas avoir les moyens de s’offrir un ordinateur.

Les usages d’Internet sont à mon sens une autre chose. Utiliser un moteur de recherche, comme je l’ai déjà dit, est une commodité. Et si l’utilisateur passe par Google pour aller sur le site de la SNCF (quand celui-ci n’est pas en grève) c’est que les outils ne sont pas adaptés. L’utilisateur va naturellement vers le chemin le plus court, le plus pratique pour lui, le plus simple. Nulle question de formation ici, mais simplement d’adapter les outils aux usages de l’Internanute et non le contraire. Pourquoi par exemple Firefox redirige vers Google lorsqu’on tape SNCF dans la barre d’adresse ? Pourquoi ne pas directement linker sur le site de la SNCF ou bien utiliser la recherche Google « J’ai de la chance » ? Pour des raisons d’accords entre Firefox et Google ? (Google perd beaucoup d’argent lorsque les internautes cliquent sur « J’ai de la chance », car c’est une recherche qui ne lui rapporte rien). Il serait aujourd’hui facilement possible, de créer une liste des principales recherches navigationnelles et que le navigateur ou le moteur redirigent automatiquement vers le site en question.

Deuxième point que nous avons déjà abordé ici : L’utilisateur doit-il savoir comment fonctionne un moteur de recherche, doit-il savoir comment l’utiliser, et quelles types de sources il contient ? Encore une fois, je ne suis pas d’accord. Un documentaliste ou un professionnel de la recherche se doit de connaître ça, mais pas un Internaute. Pourquoi exiger une telle implication de l’Internaute dans la connaissance interne des moteurs de recherche alors qu’on ne demande pas le même niveau d’implication lors de l’utilisation d’un téléviseur, d’un lecteur de DVD ou d’une console de jeux? Les moteurs de recherche s’ils sont mal utilisés, c’est qu’ils ne sont alors pas adapté à l’usage des Internautes, non ?

Marissa Mayer est nulle en maths !
sept 11th, 2008 by jerome

Marissa MayerDans notre précédent billet intitulé « Recherche d’information : que reste t-il à explorer et résoudre ? », nous rapportions les propos de Marissa Mayer affirmant que 90% du domaine de la recherche d’information était aujourd’hui résolu.

Nombreuses furent les réactions pour dénoncer cette vision, pour affirmer qu’il restait beaucoup à faire dans ce domaine et que le recherche d’information n’en était qu’à ses débuts.
Marissa Mayer s’explique sur le blog de Google dans un billet intitulé « The future of search » : Il ne s’agit plus maintenant de 90% du problèmé résolu, mais uniquement 10% !!! Et effectivement, c’est ce que nous expliquions dans notre billet : La fameuse loi des 80-20 : Les premiers 80% pour résoudre un problème demandent 20% d’effort, alors que les 20% restant demandent 80% d’efforts.
J’espère en tout cas que Google ne fait pas le même genre d’approximations concernant le respect de ma vie privée !

Emilie : une explication qui aurait été inutile si dès le départ les propos n’avaient pas été ambigus. Enfin bon… c’est réparé. Ceci étant, j’étais hier à une mini-conférence sur l’Enterprise Search Strategy et pour l’intervenant (de Vivisimo) « le problème de la recherche n’est pas résolu ». Encore un débat ?

Recherche d’information : que reste t-il à explorer et résoudre ?
sept 9th, 2008 by emilie

Pour Marissa Mayer de chez Google, interrogée pour TechCrunch France :

« La recherche est un problème non résolu. Nous détenons 90 à 95% de la solution mais il reste un bon 10%. Comment monétiser les nouvelles formes de contenu comme la vidéo? les cartes ou les livres? Comment aidons nous les producteurs de contenu à passer en douceur en ligne et a tirer des revenus solides de leur business? »

Ce qui fait réagir Michael Arrington, pas du tout d’accord avec cette réponse. Pour lui, et je suis d’accord à 100 %, nous n’avons pas encore fait le tour de ce qu’il est possible de faire en matière de recherche d’information ; qui nous dit que dans quelques mois il n’y aura pas un nouvel algorithme révolutionnaire qui sortira ou bien une nouvelle manière d’accéder à l’information ? Et je j’irai même un tout petit peu plus loin : peut-on vraiment mettre une fin à la recherche (pas la recherche d’information) ?

Jérôme : Le problème est « fournir l’information recherchée ». Et effectivement, je suis d’accord avec Marissa Mayer : 90% de cette problématique est réglée par Google. Je veux dire par là que 9 fois sur 10 Google fournit l’information recherchée. Non ? Alors pourquoi ses parts de marché ne font que croître ? En revanche, les 90 % déjà accomplis sont les plus faciles ! Les 10% restant vont nécessiter de très gros investissements R&D pour finalement peu de gains. Alors Google fera-t’il cet effort ? Pour faire écho à un récent billet de Jean-Marie, c’est là, sur ces 10% non couverts par Google qu’un challenger peut faire la différence (mais il faut déjà couvrir les premiers 90%).

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